Le générique divise l’Amip

La tension monte d’un cran au sein de l’Amip suite à la dernière proposition de son président de figer les prix des médicaments génériques à 40 % moins cher que le prix du princeps (molécule originelle) au lieu du système actuel qui prévoit une baisse supplémentaire des prix de 5 % de tout nouveau générique par rapport au précédent (lire aussi article en page 36). Selon des sources proches du dossier, cette mesure sert davantage les intérêts des nouveaux industriels qui souhaitent investir le créneau des génériques. De son côté, Omar Tazi, président de l’Amip , affirme qu’il s’agit là d’une fausse polémique puisque cette initiative qui devrait, selon lui, permettre de renforcer la compétitivité des génériqueurs, en est toujours au stade de la consultation entre les membres.

Une source à l’Amip affirme que seuls quatre membres sur les 35 que compte l’association ont réagi à la note du président qui est donc loin de faire l’unanimité au sein de la profession.

Au ministère de la santé, l’on affiche clairement l’opposition du département à cette proposition. «Le système actuel nous permet d’obtenir des baisses qui atteignent les 80 %. L’abandonner n’est pas dans l’intérêt du malade. La majorité des laboratoires nous a communiqué son opposition à cette mesure», explique le docteur Abdelmoumen Mahli, de la direction des médicaments.

Le Collectif de défense et de promotion des médicaments génériques, qui regroupe des associations actives dans le domaine de la santé, pourrait également faire son entrée sur la scène. Nadia Bezad, coordinatrice du collectif et par ailleurs présidente de l’Organisation panafricaine de lutte contre le sida (Opals), affirme que le collectif rejette cette proposition qui, dit-elle, «remet en cause le principe de la baisse des prix et l’accès aux soins»