Le fardeau de la compensation

Le projet de Loi de Finances 2006 devait être de nouveau examiné en conseil de gouvernement jeudi 13 octobre, pour la seconde fois au cours de la même semaine. Ce jeudi, l’on s’attendait à un examen poussé, voire une adoption du texte dans sa globalité. Fathallah Oualalou devait convaincre ses pairs, notamment les ministres mécontents et qui ont demandé l’arbitrage du premier ministre.
Les principales hypothèses du projet de Loi de finances portent sur un taux de croissance de 5,4 % et une inflation maîtrisée à 2 %. Des aménagements fiscaux sont aussi sur la liste et concernent essentiellement la TVA dont le nombre de taux sera ramené à deux au lieu de quatre actuellement.
Autre hypothèse importante : un baril de pétrole à 60 dollars alors que les professionnels sont nombreux à penser qu’il s’agit d’une hypothèse trop optimiste. 65 dollars leur paraît plus pertinent. Mais entre l’une et l’autre hypothèse, il y a une différence non négligeable au niveau des coûts de compensation.
Les dépenses de compensation pour soutenir les produits pétroliers sont d’ailleurs un casse-tête pour tous, tant que le système actuel de fixation des prix est en vigueur. Vers la fin décembre, les arriérés de la caisse concernant le gaz et le carburant devraient se situer entre 6 et 7 milliards de DH, selon des sources informées à Rabat. Si rien n’est fait, et en gardant les hypothèses actuelles, ces arriérés seraient au moins de 9 milliards fin 2006. Un lourd fardeau pour les distributeurs de gaz et de pétrole, en particulier ceux qui sont de petite taille, alors que le Maroc vient de faire le choix de la libéralisation du secteur de l’énergie