Le couac de l’indice Big Mac

L’hebdomadaire londonien The Economist et le spécialiste du fast-food américain, Mc Donald’s, viennent de sortir leur index annuel, le fameux Big Mac Index (Indice Big Mac). Devenu désormais un indicateur très attendu, l’indice Big Mac est une manière simple d’évaluer les économies des pays, du moins ceux où l’enseigne Mc Donald’s est implantée, en prenant comme échelle de mesure le prix d’un Big Mac. Nonobstant la nature de l’étalon choisi, un simple sandwich, les conclusions de l’étude sont toujours intéressantes à lire. Mais dans la livraison de cette année, il semble que les experts de The Economist aient fait un ratage dans le cas du Maroc. En effet, dans le tableau de synthèse, disponible sur le site de l’hebdomadaire londonien, on peut lire que notre monnaie, le dirham, est sous-évaluée de 91% par rapport à ce qu’elle devrait être dans la réalité.
La méthode de calcul est certes très simple. En face du taux de change officiel, qui est actuellement d’un dollar pour une moyenne de 10 DH, les artisans de la méthode calculent un autre taux en faisant le rapport entre le prix du Big Mac au Maroc, soit 26 DH, et le prix du même Big Mac aux USA qui est de 2,90 dollars. Mais on ne sait pas comment les économistes londoniens de The Economist ont fait pour aboutir aux fameux 91%. Car, quand on calcule ledit rapport, on obtient un taux de 1 dollar pour 9 DH ce qui, somme toute, se rapproche du taux de change officiel. Où est alors la sous-évaluation dont on parle ?
S’il est vrai que pour d’autres pays, les calculs du Big Mac Index que nous avons refaits à La Vie éco sont justes, il semble que les experts de l’économie et du fast-food se sont lourdement trompés sur le cas du Maroc. Comme quoi, même quand on est champion mondial de la cuisine rapide, on peut rater une petite mayonnaise.