Le Code de la presse sera-t-il révisé ?

Un groupe de onze députés usfpéistes (Driss Lachgar, Mohamed Karam, Abderrafie Jouahri, Abdelkébir Tabih, Driss Abou Al Fadl, Mohamed Benyahya, entre autres) ont déposé, le 20 janvier, une proposition de loi à la Commission de la justice, de la législation et des droits de l’Homme de la Chambre des représentants. Objectif : amender 14 articles du Code de la presse dans le sens de la réduction de certaines peines privatives de liberté et de la précision de certaines formulations sujettes à interprétation, contraires à l’esprit de la loi.
Mais cette proposition de loi pose plus de questions qu’elle n’en résout. Pourquoi les députés usfpéistes s’avisent maintenant d’amender ce texte, préparé et défendu par l’un des leurs, l’ex-ministre de la Communication Mohamed Achaâri ? S’agit-il d’une revanche des amis de Mohamed Elyazghi contre un texte piloté par l’ex-Premier secrétaire du parti, Abderrahmane Youssoufi ?
D’un autre côté, les récents procès intentés à des journalistes, condamnés à des peines de prison puis graciés par le Roi, posent avec acuité le problème des peines privatives de liberté maintenues dans le Code de la presse, et ne peuvent que reproduire le schéma suivant : procès contre des journalistes; condamnations à la prison ; campagne nationale et internationale et grace royale…
Un engrenage dont on ne peut sortir que par la suppression pure et simple des peines privatives de liberté du Code de la presse. La proposition usfpéiste reste au milieu du gué puisqu’elle ne propose pas la suppression de toutes les peines d’emprisonnement. Elle témoigne néanmoins d’une prise de conscience de la classe politique et peut servir de base à une révision dans ce sens du Code de la presse.