Le CIH à  céder à  la CDG ?

Alors que le plan de redressement du CIH est à mi-chemin et que les résultats escomptés ne semblent pas être au rendez-vous (probablement 900 MDH de pertes au titre de l’exercice 2003), l’idée de créer une structure de défaisance qui allègerait la banque de ses actifs compromis semble faire son chemin. Il y a un mois, Driss Jettou avait commandé une étude sur la situation financière exacte de la banque (cf. notre édition du 19 décembre 2003). La Vie éco a, par ailleurs, appris qu’une mission dépêchée par la banque centrale est sur place pour évaluer le plan de redressement. Selon des responsables de Bank Al-Maghrib, le scénario vers lequel on se dirige est bien celui de la structure de défaisance. Cette structure serait financée par un prêt de la Banque mondiale (l’accord de principe est déjà donné) correspondant à la différence entre le montant des actifs compromis et la part recouvrable desdits actifs. Plus globalement, elle accueillerait également les actifs compromis de la BNDE et du Crédit agricole.
Mais même débarrassé de ses mauvaises créances, le CIH n’est pas sorti de l’auberge. La production de nouveaux crédits ne parvient pas à compenser la contraction des encours due aux opérations de titrisation réalisées, le rachat partiel de la dette onéreuse est insuffisant, et les ressources de la banque lui reviennent encore cher.
A Bank Al-Maghrib, on pense à une restructuration globale du secteur financier public. Une restructuration qui, hormis le CIH, s’étendrait à la BNDE, à Dar Addamane et à Bank Al Amal et s’articulerait autour de la CDG. Une chose est sûre : la BCP ne reprendra pas le CIH. Ce serait plutôt la CDG, mais il est encore trop tôt pour se hasarder à spéculer sur un schéma définitif.