Le Bangladesh n’est pas le bienvenu

Les autorités sanitaires du Bangladesh l’avaient annoncé à la mi-novembre. Leur pays compte bel et bien s’attaquer au marché nord-africain du médicament. Le Bangladesh, qui fait partie des 50 pays les moins développés, n’est pas, en effet, tenu par les contraintes de respect du droit de propriété. De ce fait, il peut produire autant de génériques copiant les formules de médicaments encore sous-licence. La compétitivité de ses exportations se trouve donc renforcée à travers des prix qui défient toute concurrence.

Si le pays n’a pas encore formulé de demande officielle pour investir le marché marocain, les autorités sanitaires ne cachent pas pour autant leur méfiance vis-à-vis de cet outsider qui pourrait s’avérer très dérangeant. «Le Maroc enregistre une autosuffisance en matière de production de médicaments. 80 % des besoins sont satisfaits par la production nationale et nous arrivons même à exporter 10 % de cette production», confie un responsable du ministère de la Santé.
Les intérêts en jeu sont énormes. Si les opérateurs du Bangladesh viennent à formuler cette demande, «elle sera examinée en termes d’efficience des médicaments proposés et d’intérêts nationaux», confie-t-on au ministère de la santé. Une formulation diplomatique pour annoncer les réticences que pourrait exprimer le Maroc face à cette demande.