L’aventure démocratique

Les séances de dialogue initiées par l’Instance équité et réconciliation (IER) constituent une première au Maroc. Intellectuels et penseurs invités par la deuxième chaîne se succèdent à travers des témoignages qui font état de l’ampleur de l’injustice qui a entaché et entache toujours la vie des Marocains.
Le débat s’annonce prometteur et l’on entreprend de poser les vraies questions. Les Marocains semblent enfin recouvrir le droit de se penser et de penser leur destin sérieusement. Et tout porte à croire que l’entreprise est réelle si ce n’est cette méfiance qu’on a héritée d’un système qui a toujours su tirer parti de toutes les situations.
Mais le débat devrait s’étendre et gagner en profondeur pour que tous les Marocains prennent part à cette réflexion. Car si changement il y a, il faut commencer d’abord par en soustraire les termes du seul bon vouloir du système. L’on conçoit, dès lors, la nécessité d’établir un calendrier des actions du changement. Cela dit, le débat sur les droits bafoués des détenus des années de plomb ne doit en aucune façon être occulté par celui sur le droit de la nation à façonner son destin. L’enjeu est d’une portée éthique parce qu’une première leçon de la démocratie est que la valeur de l’individu au sein d’une communauté vaut celle de toute la communauté.