L’accord d’Agadir finalement ratifié

son application est prévue en septembre

Mohand Laenser. Le ministère de l’Agriculture a été le premier à  tirer la sonnette d’alarme.

Finalement, et après plusieurs mois d’hésitation, le Maroc vient de ratifier la semaine dernière l’accord de libre-échange avec la Tunisie, la Jordanie et l’Egypte, plus connu sous le nom d’accord d’Agadir. Selon des sources proches du dossier, l’accord sera incessamment notifié aux trois autres parties. Le Maroc dispose en effet d’un délai de deux mois, à  compter de la date de ratification, pour accomplir cette formalité diplomatique qui incombe au ministère des Affaires étrangères. «L’entrée en vigueur interviendra sans nul doute au mois de septembre», confie la même source. L’accord aura ainsi passé neuf mois en antichambre, depuis sa publication au BO en décembre 2005 (N° 5 378).

Qu’en sera-t-il alors du volet agricole ? Cet aspect de l’accord a été, rappelons-le, à  l’origine du retard. Le ministère de l’Agriculture avait émis un avis pour attirer l’attention sur les risques de l’application de l’accord dans la mesure o๠tout avantage accordé à  un pays arabe doit être élargi aux Etats-Unis en vertu de l’accord de libre-échange conclu avec les Américains. Or, il se trouve en effet que, contrairement aux autres accords conclus avec la Turquie ou l’UE, celui d’Agadir prévoit un démantèlement immédiat pour les produits agricoles. L’application de cette clause signifie une sentence de mort pour l’agriculture marocaine.

Les départements de l’Agriculture et du Commerce extérieur travaillent aujourd’hui à  l’élaboration d’une disposition qui voudrait que les exportations agricoles ne soient exonérées des droits de douane que si le pays d’origine est un exportateur net de ces produits. Une astuce de dernière minute pour empêcher les Américains de faire prévaloir la clause de préférence, explique un spécialiste des accords de libre-échange.