La xénophobie du prix

Comme il le fait depuis quatre ans, le ministère de la communication a récompensé les meilleurs journalistes marocains dans leur domaine : presse écrite, radio, télévision. Cette démarche mérite d’être encouragée davantage pour la simple raison qu’elle permet de révéler les talents cachés. L’édition qui a vécu n’a pas dérogé à la règle. Elle a bien montré que le secteur, quoi que l’on puisse en dire, est animé par des professionnels rompus à la tâche. Mieux, un bref parcours de la liste des primés prouve que la relève est bien assurée dans presque toutes les spécialités et dans les deux principales langues de travail, arabe et français.

Mais il y a un hic. Pour concourir, il faut travailler dans un média local et… être de nationalité marocaine ! Ce second critère fait tiquer parce que la presse marocaine est très ouverte au niveau de sa politique des ressources humaines. Des Mauritaniens, Algériens, Sénégalais, Tunisiens, Français, Anglais… ont choisi d’y exercer leur profession et se font délivrer chaque année une carte de presse par ce même ministère de la communication qui les empêche de concourir. Au-delà de toute considération, ils contribuent à la construction du Maroc moderne. Les exclure d’une telle compétition, c’est occulter cela et nier que la diversité est une richesse. Gageons que Nabil Benabdellah rectifiera le tir.