La Samir fait du lobbying

Mardi 27 janvier, une cinquantaine de députés ont visité les installations de la Samir à l’invitation du directeur général de la raffinerie. Objectif : se rendre compte de visu des efforts entrepris en matière de mise à niveau et de sécurité. A rappeler qu’en dépit des graves incendies qui ont affecté les unités de production et la zone de stockage – respectivement le 25 novembre 2002 et le 18 septembre 2003 -, la Samir refuse toujours d’investir dans la mise à niveau de son outil de production et de délocaliser ses installations comme l’a demandé le gouvernement.
Et c’est sans doute pour dissiper les craintes de l’opinion publique que la Samir a entrepris son opération de charme, allant jusqu’à faire appel aux services d’une société spécialisée dans le lobbying : Publics affairs & services, créée et dirigée par Hassan Alaoui.
L’opération s’est terminée par la distribution aux élus d’un document reprenant les arguments de la Samir dans son bras de fer avec l’Etat. En gros, on y apprend que si la Samir n’a pas investi jusqu’à présent, c’est parce que la libéralisation du secteur, commencée de manière progressive en juillet 2002, a affecté ses marges d’intermédiation. On y apprend également que le non-rétablissement des droits de douane à l’importation directe, pour les distributeurs pétroliers, est une autre contrainte à cet investissement qu’elle juge, par ailleurs, vital pour le pays. Et enfin , que la Samir est le garant de l’indépendance énergétique du pays.
Mais ce que la Samir ne dit pas aux députés, c’est qu’elle-même est importateur de produits finis (gasoil entre autres) et ne peut donc prétendre être le garant de l’indépendance énergétique, que ses installations étant vétustes, elle n’est pas à l’abri d’un autre incident qui affecterait aussi bien la sécurité que les approvisionnements du pays. Enfin, elle demande tout simplement le report d’une libéralisation programmée. Qui dit mieux ?