La revanche des médias sur Bush ?

Quelques semaines seulement après avoir gagné son procès contre le département de la Défense américain, l’agence Associated Press est retournée en justice ce lundi 13 mars, avec une nouvelle plainte relative au dossier de la prison de Guantanamo. Son but : la publication des noms de tous les détenus qui ont transité ou qui croupissent toujours à la base militaire. En effet, à l’issue du premier procès, le Pentagone s’était contenté de publier 5 000 pages de transcriptions brutes correspondant aux interrogatoires de 319 prisonniers seulement.

Ce bras de fer entre le gouvernement américain et l’agence de presse n’est qu’un épisode d’une longue série. Dès fin 2004, l’agence avait attaqué le Pentagone en invoquant le «Freedom of Information Act», et gagné son procès : la justice avait ordonné la publication d’un rapport secret sur les mauvais traitements infligés aux prisonniers. Les avocats du gouvernement américain auront eu beau argumenter que l’anonymat des prisonniers visait essentiellement à protéger leurs proches de la honte et d’actes de vengeance (sic !), en mars 2006, près de 500 personnes étaient toujours détenues, la plupart depuis plus de trois ans, sans jugement ni accusation, souvent pour des motifs faibles.

Associated Press continue de réclamer la publication de la liste complète des prisonniers de Guantanamo.