La récolte est finie, le chômage reprend

9,8% au troisième trimestre contre 8% au deuxième.

Quand l’agriculture va, tout va et vice versa ! Au troisième trimestre, le taux de chômage est remonté à 9,8% alors qu’au deuxième trimestre il était descendu à 8%. Une bonne nouvelle sur laquelle le gouvernement avait bien évidemment surfé en disant que le pays se portait bien. L’explication réside tout simplement dans le fait que le chômage correspond à la structure de l’économie marocaine, où l’agriculture occupe une place importante. En année de bonne campagne agricole comme c’est le cas en 2009, les deux premiers trimestres, en particulier le second, connaissent un recul du chômage, consécutivement à une offre abondante d’emplois, souvent non rémunérés, dans les campagnes : cette année, le taux a été de 9,6% au premier et 8% au deuxième trimestre. Il faut rappeler qu’à l’issue du deuxième trimestre de 2006, le niveau du chômage était même descendu jusqu’à 7,8%.
Mais une fois les travaux des champs terminés (à partir de fin juin/début juillet), le chômage remonte. Cette observation se trouve aussi corroborée par la configuration spatiale du chômage et des activités créatrices d’emplois. Au moment où les villes ont enregistré un reflux du chômage (14,8% au lieu de 15,5% un an auparavant), dans les campagnes, le phénomène a au contraire augmenté (4,3% contre 3,9%). Cette évolution est des plus logiques quand on sait que les 34 000 emplois nets créés sont le résultat, d’une part, de la création de 128 000 emplois rémunérés, dont 109 400 dans les villes et seulement 19 000 dans les campagnes, et, d’autre part, d’une perte de 94 000 postes non rémunérés, dont 90 300 en milieu rural et 4 100 en milieu urbain. Enfin, les créations nettes d’emplois sont le fait de deux secteurs seulement : les services et le BTP, c’est-à-dire des activités globalement situées dans les villes. De la à dire que l’économie se porte bien…