La paresse des élus

Les parlementaires s’informent-ils correctement ? C’est la question que se posent de plus en plus certains ministres du gouvernement Jettou, qui avouent être souvent excédés par des questions qui ont fait l’objet d’un débat public. «On dirait que nos parlementaires ne lisent pas la presse et ne regardent pas la télévision, sinon comment expliquer le fait qu’ils posent des questions sur des sujets déjà débattus en long et en large», affirme un ministre. La Loi de finances fournit un bon exemple à ce sujet. Alors que la taxation des coopératives avait déjà fait l’objet de maints articles et reportages et que, depuis un mois déjà, on savait quelle solution avait été retenue, les élus, pince-sans rire, ont demandé des explications sur ce problème, et il a fallu tout réexpliquer. Parfois la situation devient franchement cocasse.
Un autre ministre va plus loin, expliquant qu’au niveau de la première Chambre, il a dû répondre à la même question posée par quatre groupes parlementaires, quatre semaines de suite, au sujet des téléboutiques. «Il a fallu ressasser des arguments que tout le monde a entendu lors de la première séance orale. Certains n’étaient même pas correctement informés du problème, comment voulez-vous qu’ils posent des questions pertinentes».
Un problème qui s’aggrave avec l’existence de deux Chambres. «Il n’y a pas de coordination réelle entre les conseillers et les représentants, affirme un autre ministre. Et quand il s’agit de reprendre un problème à zéro, vous imaginez la perte de temps !».
A-t-on réellement besoin d’une deuxième Chambre ? Les ministre interrogés avouent que, dans les discussions qu’ils ont entre eux, il leur arrive souvent de se poser la question et d’aboutir à une réponse «évidente» : non !