La mémoire courte

La presse a beaucoup relayé ces derniers temps les informations concernant, entre autres, le scandale politico-financier de Casablanca connu sous le nom de l’affaire Slimani-Laâfoura. La manière dont la presse a traité le sujet appelle tout de même quelques remarques. La première, la plus importante à mon avis, est qu’une bonne partie de la presse écrite, profitant certainement du fait que les lecteurs ont une mémoire très courte, tire à boulets rouges sur les deux antagonistes en les accusant, sans que la justice n’ait dit son dernier mot. Si nous revenons quelques années en arrière, à l’époque où Abdelmoughit Slimani et Abdelaziz Laâfoura étaient encore des hommes forts, nous découvrirons, dans cette même presse, des articles élogieux, des interviews et autre langue de bois.
Quelles que soient les raisons invoquées, les médias qui hier présentaient Slimani et Laâfoura comme des hommes dignes de la confiance des Casablancais, savaient bien que tout n’était pas aussi rose que ce qu’ils écrivaient dans leurs colonnes et devaient garder une certaine réserve, ou du moins ne pas faire preuve de complaisance.
Et comme par hasard, ce sont toujours les mêmes. Ceux-là qui étaient connus pour être proches des anciens hommes forts de Casablanca sont aujourd’hui les premiers à monter au créneau pour dénoncer les frasques de Slimani et Laâfoura. Maintenant, si cette presse, dont je parle, n’a pas le courage de reconnaître aujourd’hui qu’elle a failli à sa mission, qu’elle fasse au moins preuve de pudeur au lieu de s’acharner sur ceux dont elle vantait, il y a quelques années, les exploits et les réalisations. Il y va du peu de crédibilité qu’elle pourrait encore avoir.