La majorité se tire dans les pattes

la grève a-t-elle échoué ou réussi ?

Flop ou véritable raz-de-marée ? Au lendemain de la grève sectorielle observée le 13 mai par les fonctionnaires de certains départements ministériels et des collectivités locales, la presse partisane de la majorité donnait un compte rendu contrasté du débrayage.

«Franc succès» pour Libération et Al Ittihad Al Ichtiraki, proches de l’USFP, le mouvement aurait été suivi à  plus de 80% dans certains ministères, selon ces journaux. En revanche, pour L’Opinion, organe de presse de l’Istiqlal, l’opération n’aurait été qu’un «plouf», avec des taux de participation presque nuls comme celui de l’Office de la Formation professionnelle, qui a enregistré 0,13%.

Quant aux enseignants et fonctionnaires des collectivités locales qui ont largement suivi le mouvement, L’Opinion considère qu’ils étaient seulement «trop contents de pouvoir se reposer aux frais de l’Etat».

Côté officiel, les chiffres fournis par le ministère de la modernisation des secteurs publics (MMSP) révèlent que la grève a bien eu du succès, mais essentiellement dans des ministères difficiles, et principalement à  Rabat. 80% dans l’enseignement, 78% pour l’agriculture, 54% pour les finances, 47% pour la santé, 44% pour la justice et 42% pour l’équipement et les transports. Plutôt épargnés par la grève, les ministères de l’énergie et des mines et de l’emploi ont enregistré des taux de participation respectifs au mouvement de 2% et 1,71%.

La prochaine grève, organisée par la CDT le 21 mai, sera-t-elle autant suivie ? Pas si sûr puisqu’une rumeur circule selon laquelle l’Etat aurait l’intention de prélever la journée chômée sur le salaire des grévistes. En attendant, vive la solidarité gouvernementale .