La majorité en rangs dispersés

Trois candidats pour la présidence de la Chambre des conseillers.

Deux mois après le décès de Mustapha Oukacha, la Chambre des conseillers a enfin un président. Elu le 13 janvier par 145 voix contre 74 pour son principal concurrent, le haraki Mohamed Fadili, Maâti Benkaddour, président du groupe Rassemblement et modernité, appartient au RNI, tout comme son prédécesseur. Pressentie depuis des semaines, son élection ne se sera pas faite sans heurts. Le matin même du vote, mardi 13 janvier, pas moins de cinq candidats prétendaient au poste à l’ouverture de la séance. Parmi ces derniers, trois étaient issus de la majorité : Abdellatif Benkaddour, mais aussi les deux candidats de la Koutla, Zoubida Bouayad (USFP) et Mohamed El Ansari (Istiqlal), présentés officiellement par leurs partis respectifs, faute d’un accord au sein de la majorité, malgré une ultime tentative de concertation, la veille, au domicile du Premier ministre Abbas El Fassi. Seul le PPS n’a pas participé à l’escalade, menaçant même de s’abstenir de voter pour protester contre la surenchère de ses alliés. En face, même l’opposition n’a pu échapper au spectre de la division : le candidat haraki Mohamed Fadili, vice-président de la Chambre et, de fait, l’un de ses gestionnaires depuis le décès du président, a vu apparaître un concurrent de dernière minute en la personne de Driss Radi, chef du groupe parlementaire UC, désigné par son parti le matin même.
Au final, M. Benkaddour au deuxième tour et l’honneur est sauf : personne ne s’est désisté au profit de personne. Mais dans cette histoire, la majorité a montré des signes évidents de faiblesse : en dépit du fait que le nouveau président des conseillers ne restera en poste que six mois, puisque des élections seront à nouveau organisées à l’issue du renouvellement du tiers des conseillers, il a fallu que les uns et les autres se fassent concurrence !