La Loi de finances disputée jusqu’au bout

l’opposition coriace, la majorité absente.

Temps mort, prolongations et penalties. Le match majorité-opposition autour du projet de Loi de finances 2009 a été disputé jusqu’à la dernière seconde et les élus PJD, UC et MP ont utilisé toutes les cartes dont ils disposaient y compris le recours au Conseil constitutionnel dans le but d’invalider la loi. Et s’il y a quelqu’un qui a souffert, c’est particulièrement le ministre des finances. Ce dernier, en fait, pas plus que ses collègues dans le gouvernement, ne s’attendait pas à ce que le retour du projet chez les représentants, pour valider de nouveaux amendements apportés entre-temps par les conseillers, pose particulièrement problème. «Les élus de la majorité, estimant qu’il s’agissait d’une simple formalité, se sont démobilisés lors des travaux en commission à la veille de la séance plénière du jeudi 25 décembre», reconnaît-on au ministère des finances.
Du coup, l’opposition, profitant du vide laissé, a été très coriace, transformant ce qui était censé être une formalité en un véritable examen de passage. La preuve, jeudi 25 décembre, les travaux de la séance plénière ont fini tard dans la nuit. Heureusement qu’entre temps la majorité a pu faire rappliquer ses élus venus massivement à la séance de vote. La Loi de finances est finalement passée in extremis.
En tout cas, le ministre des finances a bien retenu la leçon. Pour les prochaines Lois de finances, il promet de tout faire pour que les élus de la majorité puissent rester mobilisés jusqu’au sifflet final.
Autre constat à retenir, le Parlement a prouvé qu’il n’était pas cette simple Chambre d’enregistrement tant critiquée. 200 amendements présentés, de petites victoires remportées, en dépit de l’arme de l’article 51 brandie par le ministre des finances, et même un recours au Conseil constitutionnel pour défendre son droit à être consulté. Bravo.