La liste complète des morts et des disparus depuis 1956

Le CCDH évoque aussi les décès survenus au Sahara.

Pour sa 37e session plénière tenue lundi 20 décembre, le CCDH a décidé d’aller encore plus loin dans sa quête de la vérité sur ce qui s’est passé pendant les années de plomb. Et pour la première fois, le conseil aborde non seulement les événements qu’ont connus les premières années de l’Indépendance, mais aussi, conjoncture oblige, le conflit du Sahara. En 170 pages, le CCDH dresse un état des lieux des centres de détention, points noirs qui ont jalonné l’histoire moderne du Maroc, depuis 1956. Le Maroc reconnaît publiquement, et pour la première fois, 144 cas de décès au Sahara entre 1975 et 1989. On apprend ainsi que 128 personnes sont mortes durant les nombreuses batailles qui ont opposé l’armée marocaine au Polisario. Ces personnes ont été formellement identifiées ainsi que 4 autres mortes des suites de leurs blessures dans les hôpitaux. Ce qui n’est malheureusement pas le cas de 12 corps calcinés qui n’ont pu être identifiés.
Le rapport du CCDH nous apprend aussi que 90 personnes sont mortes pendant leur détention dans les centres d’Agdz, Tagounit et autres lieux de sinistre mémoire au Sud-est. Les accrochages armés entre les forces de l’ordre et certains opposants au début des années 1960 ont fait 9 morts, 7 en 1960 et 2 en 1964. Les événements sociaux qu’a connus le Maroc entre 1965 et 1990 (Casablanca en 1965 et 1981, les villes du Nord en 1984 et Fès en 1990) ont fait 325 morts à cause des abus des éléments des forces de l’ordre. Pour la première fois, on fait état officiellement de cas de morts en détention dans les casernes militaires au Sud, dans la prison civile de Laâyoune et dans les casernes des CMI à Laâyoune et Dakhla. Bravo !