La Haca sort ses griffes

Trois radios sanctionnées en 10 jours.

Le Conseil supérieur de la communication audiovisuelle (CSCA), réunissant les sages de la Haca, vient de prendre, coup sur coup, trois sanctions envers les opérateurs de radiophonie. Le 9 juin, une décision assez lourde concernant Hit Radio était prise. La station qui avait entrepris la traduction d’une chanson française en arabe dialectal, dans le cadre de son émission Le morning de Momo, s’est retrouvée bien embarrassée puisque l’un des mots traduits a trait au sexe masculin. Une atteinte aux bonnes mœurs et à la moralité publique qui s’est traduite -décision grave car ultime avant retrait- par une réduction de la durée de sa licence de 5 à 4 ans, sans compter une amende de 70 000 DH. Il faut dire que Hit Radio est récidiviste puisque déjà, à l’automne 2008, un échange de propos à caractère pornographique lui avait valu une interruption de diffusion quotidienne de quatre heures pendant 15 jours.

Huit jours auparavant, le CSCA prenait la décision de suspendre pendant une semaine l’émission Bissaraha diffusée par Radio Plus qui s’est vue astreinte au paiement d’une amende de 30 000 DH. La radio s’était rendu coupable à la fois d’avoir éveillé un enfant, tard dans la nuit, pour le faire parler, dans le détail, de sévices sexuels qu’il a subis et du viol de la présomption d’innocence. Enfin, ce même 1er juin, Radio Mars écopait d’une suspension de diffusion de 48 heures et d’une amende de 57 000 DH pour propos portant atteinte aux sacralités du Royaume tenus par un invité à l’antenne au cours de l’émission Le portrait chinois.

Trop de sanctions ? Ce n’est que la partie visible de l’iceberg, selon un membre du CSCA, qui affirme que plusieurs réunions avec les responsables des radios ont eu lieu et des avertissements verbaux ont été donnés. «La loi doit être respectée», insiste un des membres du conseil. Un mot de travers et c’est la sanction qui tombe !