La greffe des reins n’a pas encore pris

Les résultats de l’enquête menée en avril 2005 et qui a concerné 113 centres d’hémodialyse sur les 114 existants sont enfin disponibles. Premier enseignement : le système de prise en charge des malades atteints d’insuffisance rénale souffre de plusieurs limites, notamment le nombre d’unités de traitement qui ne permet pas une prise en charge totale et régulière des malades. Il faut donc multiplier les centres. Après l’entrée en service de celles de Guelmim et Salé, le ministère de la Santé prévoit la mise en service de sept nouvelles unités à Nador, Temara, Hay Hassani et El Fida à Casablanca, Fès, Mohammédia et Sefrou, pour porter à 42 le nombre des centres publics. Le ministère a dû batailler pour arracher l’accord de financement de ces unités. Les Finances avaient exprimé leur réticence face à la formule de leasing proposée par la Santé et c’est Driss Jettou qui a tranché en faveur de cette dernière.

Aujourd’hui, 4 845 personnes atteintes d’insuffisance rénale sont prises en charge. Elles sont réparties entre le secteur public (1 809 cas), le privé (2 692), le para-public (319) et les militaires (25 cas). L’étude révèle également que 1 200 nouveaux cas sont annuellement déclarés. Le traitement est onéreux. Et seulement 116 personnes ont pu bénéficier d’une greffe en raison du coût de l’opération et de la rareté des donneurs. L’AMO devrait en principe apporter une solution, même partielle. La greffe fait partie du panier de soins de l’assurance maladie obligatoire. Cette disposition devrait encourager le secteur privé à investir ce créneau. Encore faudra-t-il trouver des donneurs. L’essentiel des 116 greffes a été rendu possible grâce à des dons des membres de la famille des patients.