La deuxième mort du Sommet de Copenhague

Les engagements des pays industrialisés sont trop faibles.

La communauté scientifique attendait la fin  de janvier avec impatience. La cause : on avait espoir que l’échec du sommet de Copenhague sur le climat, tenu en décembre dernier, serait rattrapé par les engagements des pays industrialisés à réduire sensiblement leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). 55 pays et groupements, dont la Chine, les USA, l’Inde, l’Afrique du Sud et l’Europe, ont certes transmis leurs objectifs chiffrés, mais ces derniers sont bien en deçà de ce que préconisait le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

L’engagement porte sur la limitation du réchauffement climatique de 4° supplémentaires d’ici 2050, alors qu’il ne fallait pas dépasser 2°. De même, les États-Unis et le Canada n’envisagent une réduction de leurs émissions que de 17% d’ici 2020, autant dire rien. Pire, aucune décision n’a été formulée quant au financement de l’adaptation au changement climatique dans les pays en développement.

Bref, pas de quoi se réjouir, surtout que le contexte est de plus en plus tendu. La communauté scientifique continue de faire l’objet d’attaques virulentes de la part des climato-sceptiques. Ainsi, on apprenait, mercredi 3 février, que le piratage, en novembre 2009, de la correspondance électronique privée de climatologues britanniques, aurait été orchestré par les services secrets américains. La lutte contre le réchauffement climatique est en fait empoisonnée par des conflits d’intérêts opposant les lobbyings d’industriels aux experts du GIEC, accusés de fournir des données alarmistes. Au point que certains souhaitent la démission du président du GIEC, Rajendra Pachauri. Pour Ali Agoumi, climatologue, «la confiance a été brisée par le flop de Copenhague. Il règne aujourd’hui une grande confusion et nous manquons de visibilité».