La BCP prend le contrôle de Bank Al Amal

Bank Al Amal va enfin sortir de sa léthargie. Cette institution qui avait été créée en 1989, dans l’objectif de contribuer au financement des projets portés par les MRE et les inciter à retourner au pays était, ces dernières années, en état d’activité minimal, faute de projets à financer mais également faute de ressources. Il faut dire que le schéma initial de montage de son capital était lui-même porteur d’un vice : pas d’actionnaire de référence qui puisse impulser une nouvelle stratégie. En effet, son capital est détenu à 25% et à part égale par les banques et la CDG et, pour le reste, par les MRE, dont la participation a été financée grâce aux intérêts de leurs dépôts auprès des banques. Ces dernières ayant chacune sa propre stratégie pour le juteux marché des MRE, Bank Al Amal (BAA) avait fini par être une coquille vide.
Le principe, validé par l’Etat, est que la Banque centrale populaire reprenne les parts des autres banques pour que BAA ait un actionnaire aux pouvoirs plus conséquents. Dans les faits, le capital étant réparti 1,25 million d’actions de type A, détenues par les banques et donnant lieu à deux voix chacune et 3,75 millions d’actions de type B, aux mains des MRE et donnant lieu à 1 voix chacune, la BCP se retrouvera avec 40% des voix, de quoi lui permettre d’avoir les mains libres pour faire de BAA plus qu’un simple distributeur de crédits.