La banque centrale sévit

la cmm sommée d’arrêter les financements

Bank Al Maghrib (BAM) a, semble-t-il, la ferme volonté d’exercer pleinement ses prérogatives stipulées dans les deux nouveaux textes que constituent ses futurs statuts et la nouvelle loi bancaire. Des textes, rappelons-le, qui lui confèrent davantage de tutelle sur le secteur bancaire. La Vie éco a appris auprès de sources informées à Rabat que BAM a décidé de sévir en enjoignant à la Caisse marocaine des marchés (CMM) d’arrêter les financements des entreprises jusqu’à nouvel ordre. Ce qui signifie quasiment une mort clinique provisoire pour cet établissement de crédit en déroute depuis plusieurs années.
Rappelons que la CMM a beaucoup souffert du man-que d’engouement affiché ces dernières années par sa clientèle naturelle, les opérateurs adjudicataires des marchés publics, vis-à-vis de son produit phare, l’effet CMM, devenu ainsi peu compétitif par rapport aux autres produits des banques commerciales, telle l’avance sur marché nanti. Les comptes de la CMM ne pouvaient que s’en ressentir avec, en 2003, un déficit de plus de 90 MDH et une situation nette inférieure au seuil légal des 25% du capital social.
Bank Al Maghrib ne pouvait, dans de telles conditions, que sévir en sommant la CMM de ne financer aucun nouveau marché et de ne renouveler aucune ligne préalablement consentie. En définitive, elle ne doit que gérer l’encours de ses engagements par signature qui s’élevait, à fin 2003, à près de 1 milliard de dirhams pour les marchés nantis. En attendant, la CMM aurait excipé auprès de la banque centrale de sa volonté de redresser la situation, notamment en recapitalisant ses fonds propres. Le ministre des Finances ainsi que la Primature ont même été saisis afin de débloquer cette situation inédite dans notre paysage bancaire. A moins que la maison-mère, la CDG, ne soit encore appelée à la rescousse