Journalisme et probité

Contrairement à ce que l’on peut croire, la société marocaine reste marquée par des sujets tabous aussi bien en politique qu’en société et parfois même en économie. Certes, comparée à celle d’il y a dix ou quinze ans, la presse d’aujourd’hui dispose d’une plus grande marge de manœuvre. Elle a élargi ses champs de compétence et d’investigation. Toutefois, on sent de la frilosité dans le traitement qui est fait de certains sujets qui, pourtant, ne peuvent qu’aider le pays à aller de l’avant. On aurait aimé voir les journalistes aller jusqu’au bout dans leur quête de l’information et de la vérité. Et vous, journalistes, devriez profiter de votre relative indépendance pour faire découvrir à vos lecteurs des aspects que d’autres ne pourraient pas dévoiler. Même plus, vous en avez le devoir bien entendu, dans le respect des valeurs et de la déontologie. Malheureusement, en tant que lecteur, il m’est donné de remarquer que de nombreux journalistes ne savent pas concilier la liberté de la presse et le respect de la vie privée et de la dignité d’autrui. Parfois, on à l’impression que certains journalistes souffrent d’une espèce de schizophrénie. Sinon comment expliquer que, dans leurs articles, ils défendent les valeurs de probité, d’intégrité, de respect d’autrui et d’honnêteté alors qu’eux-mêmes ne respectent pas ces valeurs.
Un Etat de droit est celui qui donne la suprématie au droit. C’est un Etat où tous les citoyens sont égaux devant la loi, indépendamment de leur statut ou de leur position. Vous journalistes, passez pour être les premiers défenseurs de telles valeurs.
Et la meilleure manière de les défendre, c’est de donner l’exemple en les appliquant.