Informel : le ras-le-bol des hôteliers

Ils demandent au ministère du tourisme de sévir.

Si la crise mondiale est donnée pour être la cause de la baisse des nuitées dans les hôtels, les professionnels tiennent à souligner que ce n’est là qu’un aspect conjoncturel, la partie visible de l’iceberg. Comme le souligne Kamal Bensouda, le président de l’Observatoire du tourisme, le phénomène le plus dangereux aujourd’hui c’est «le développement important d’une année à l’autre des réservations sauvages via internet pour les séjours dans les appartements, résidences et riads non touristiques. Un type d’hébergement non classé et donc échappant totalement aux déclarations dont celle de la taxe sur la promotion touristique». Les professionnels en profitent pour rappeler, si besoin est, que pour la seule ville de Marrakech, trois enquêtes ont démontré l’ampleur du phénomène : 50% des touristes qui arrivent dans cette ville ne séjournent pas dans des hôtels classés et c’est ce qui explique, selon eux, les écarts entre les arrivées et les nuitées. Partant, les hôteliers «classés» demandent aujourd’hui au ministère de prendre les mesures qui s’imposent pour «plus d’équité».
Du côté du ministère et de l’observatoire, on indique que la nouvelle méthode d’élaboration des statistiques du secteur, validée récemment et sur le point d’être mise en application, sera basée sur un dispositif de télédéclarations et de mises à jour minutieuses de bases de données qui permettront, selon eux, de «légaliser les nouvelles formes d’hébergement et lutter contre l’informel». Quant aux sous-déclarations dans les hôtels classés, dont nous avions fait état plusieurs fois dans nos colonnes, le ministère souligne que le phénomène existe certes mais qu’il reste somme toute assez marginal. Le vrai gisement des nuitées se trouverait donc dans l’hébergement «non déclaré».