Indemnité de chômage, ça coince

Le patronat dénonce des charges toujours en hausse.

L’indemnité pour perte d’emploi que le gouvernement entend mettre en place au plus vite risque bien de ne voir le jour que dans quelques mois. En effet, les objectifs recherchés par l’Exécutif s’avèrent de plus en plus contradictoires avec ceux du patronat. A l’origine, il était question de servir pendant les six mois d’inactivité 70% d’un salaire plafonné au Smig, soit 1 400 DH. Le seul point de discorde portait sur la répartition de la cotisation supplémentaire entre employeur et salarié. Aussi, le gouvernement, qui veut manifestement prouver ses bonnes intentions envers la classe moyenne, entend hausser le plafond dudit salaire. Ainsi, selon le nouveau schéma, l’indemnité de chômage serait calculée sur la base de 70% d’un salaire plafonné à 6 000 DH, ce qui ferait un montant maximum de 4 200 DH à servir pendant 6 mois. En y incluant les allocations familiales (une moyenne de 2,8 enfants par ménage), ce revenu augmenterait de 280 DH pour s’établir, en moyenne, à 4 480 DH. Mieux, le gouvernement compte considérer le salarié comme cotisant auprès de la CNSS pendant ces six premiers mois de chômage, et donc aurait droit gratuitement aux allocations, à l’indemnité journalière de maladie ainsi qu’à sa couverture Amo, en plus des services gratuits de l’ANAPEC, l’agence nationale de l’emploi.  
Tout cela est fort positif et même le patronat y est favorable. Seul problème, un alourdissement des charges sociales des entreprises : dans le scénario initial c’est un surcoût de 0,7% du salaire assujetti qui ressortait, dans le second, c’est 1,5% de plus. Trop lourd pour les patrons, d’autant plus que les syndicats tiennent mordicus à ce que l’employeur paie, au moins, les 2/3 et le salarié 1/3 alors que la CGEM propose du 50/50.