Histoire belge

Après coup de Mr Et-Tayeb Houdaifa.

Nous n’osons pas y croire. Eric Gerets enfin parmi nous ! Loué soyez mon Dieu qui avez produit ce miracle, abrégeant ainsi une douloureuse anxiété collective !

Dix mois d’attente. Un bail. Comment s’en étonner ? N’avait-il pas été annoncé comme le messie, le personnage providentiel susceptible de mettre fin à la détresse de notre équipe nationale ?

Or, le propre d’un messie est de se faire attendre. Ce dont ce technicien au long cours ne se fit pas faute, s’amusant cruellement à ajourner son arrivée aux calendes grecques.

Nous avons commencé par lui chanter avec espoir «Ana fintidarak» (Je t’attends). En vain. Ensuite, ne le voyant pas venir, pendant que les Lions mordaient, à chacune de leurs sorties, la poussière et s’enfonçaient allègrement dans les eaux profondes du classement de la Fifa, nous nous sommes mis à entonner «Lyoum sbar tqada» (Aujourd’hui, nous sommes à bout de patience). Nous nous apprêtions, donc, à remiser notre espérance au grenier, quand Eric Gerets parut, avec tambour et trompette. Ce fut la liesse. Oubliés, les griefs ; on n’avait d’yeux que pour le sauveur qu’on reçut sur l’air de «Mezzin wsolek» (Comme elle est belle ton arrivée !).

On en fut payé en retour par le héros du jour qui, embouchant la trompette, nous promit monts et merveilles, qualifications flamboyantes et trophées éclatants.

On but avidement ces propros aussi délicieux que des moules frites, et on se remit à rêver de lendemains enchantés.