Hauts fonctionnaires inamovibles

Les premiers projets de décrets récemment soumis par le ministre de la Modernisation des secteurs publics, Najib Zerouali, au conseil du gouvernement, arriveront-ils à mettre en marche la réforme tant attendue de l’Administration ? Il s’agit en fait d’une mission presque impossible en raison des résistances. Le meilleur exemple en est l’incapacité des ministres d’appliquer, jusqu’à aujourd’hui, les dispositions concernant la fameuse mobilité des hauts fonctionnaires.
Instauré en 1993, par une lettre royale envoyée au Premier ministre de l’époque, Abdellatif Filali, le principe de mobilité, qui stipulait que les hauts fonctionnaires changent de poste tous les quatre ans, n’a jamais pu être appliqué. A ce jour, et selon Najib Zerouali, seuls quelques ministères – que l’on peut compter sur les doigts d’une main – comme le ministère des Affaires étrangères, celui de l’Enseignement supérieur ou encore l’Intérieur, ont rendu cette mobilité systématique. Pour les autres départements, c’est le statu quo. Le ministre de l’Agriculture, Mohand Laenser, par exemple, avait fait une première opération en septembre 2003 en changeant 22 directeurs provinciaux. Mais depuis, pression des syndicats oblige, il n’a pu appliquer la suite de son programme de mouvements qui devait toucher plus d’une centaine de directeurs de centres de travaux et autres responsables en régions.
Résistance ou pas, «nous allons y arriver», promet Najib Zerouali qui nous révèle que «beaucoup de ministères s’apprêtent à instaurer la règle des quatre ans pour les responsables des services extérieurs». Quant à l’administration centrale, la mobilité n’est qu’un leurre. En effet, que peut-on faire d’un secrétaire général ou d’un directeur central une fois qu’il aura quitté son poste ? Les hauts fonctionnaires inamovibles ont encore de beaux jours devant eux !