Hauts-commissariats : des ministères bis

Ahmed Lahlimi et Abdeladim El Hafi, les deux nouveaux hauts commissaires récemment nommés respectivement à la tête du Plan et des Eaux et Forêts héritent de deux super-administrations qui ont tout l’air d’être… des ministères. Le haut commissaire au plan chapeautera sous peu le département de la Prévision et du Plan qui fonctionne depuis fin 2002 sous la houlette du Premier ministre et sous la direction effective de Mohamed Bijaâd qui était secrétaire général à l’époque où le Plan avait le statut de ministère. Ahmed Lahlimi récupère donc tout le périmètre d’action de l’ancien ministère qui se trouve être très large. Quelque 2 720 fonctionnaires, dont 1 735 à Rabat et 985 en régions, 7 établissements publics dont l’Institut national de statistique et d’économie appliquée (INSEA) et l’Ecole des sciences de l’information (ESI) et 5 grandes directions dont celle de la statistique qui compte à elle seule 900 personnes au niveau du siège, à Rabat, et 16 directions régionales. Le gros lot en somme !
Mais, le haut commissariat au Plan fait encore figure de nain comparé à celui des Eaux et forêts. Car, l’autre haut commissaire, Abdeladim El Hafi, hérite, lui, d’une administration qui contrôle quelque 9 millions d’hectares de domaines forestiers et emploie près de 7 400 fonctionnaires.
Installés par Driss Jettou en personne, les deux nouveaux arrivants ont pris leurs nouveaux quartiers même si, sur le plan administratif, les textes fixant leurs attributions n’ont pas été encore publiés. En fait, rien n’a changé dans le fond : les locaux sont les mêmes, le fonctionnement est le même et les décrets relatifs à ces deux hauts commissariats devraient être des copies conformes de ceux qui fixaient les attributions et l’organisation des deux ministères-ancêtres. Ministres? MM. Lahlimi et El Hafi ne le sont peut-être pas, mais leurs départements sont bien des ministères bis.