Goodyear n’arrive pas à  boucler son plan de licenciement

Goodyear Maroc n’est toujours pas passé à la phase de concrétisation de son plan social, qui prévoit le licenciement de 150 employés. Pourtant, contrairement à beaucoup d’autres entreprises qui se sont retrouvées dans pareille situation, le personnel a été réceptif aux arguments des dirigeants : il a laissé toute la latitude à la direction de dresser la liste des partants. Alors pourquoi ce retard dans la mise en œuvre du plan social ?
Le problème est que le montant des indemnités proposées est jugé très insuffisant. Les représentants du personnel réclament en effet une stricte application du Code du travail en matière de licenciement économique, soit 96 h de salaire par an pour les 5 premières années travaillées ; 144 h de 6 à 10 ans, 192 h de 11 à 15 ans et 288 h au-delà de 15 ans. Lesquelles indemnités sont calculées sur la base de la moyenne des salaires perçus au cours des 52 semaines qui ont précédé la rupture du contrat.

Le dialogue n’est cependant pas rompu. Les négociations se poursuivent toujours sous l’arbitrage du gouverneur de Sidi Bernoussi. En attendant, l’entreprise est toujours au plus mal. Depuis la reprise de l’activité le 15 janvier dernier, après un arrêt d’un mois, le personnel de production ne travaille plus qu’une semaine sur deux (roulement par équipe). Mais cette situation ne pourra s’éterniser même si, auprès de la direction, on indique ne pas avoir fixé de délai pour régler définitivement le problème. Dans un communiqué interne dont La Vie éco s’est procurée une copie, la direction mettait en garde contre «les conséquences qu’un maintien des exigences des salariés entraînerait…». Mais on espère tout de même qu’il n’y aura pas un «remake» de General Tire Maroc.