Gnaoua au top

Après coup de Mr Et-Tayeb Houdaifa.

Je reviens du dernier Festival d’Essaouira sans en être revenu, tant les flots de sons, de chants et de rythmes déversés généreusement par ce rassemblement inondent encore mon esprit. Pour avoir accompagné Gnaoua et musiques du monde depuis sa venue au monde musical, je devais être prévenu -jamais il ne s’est emmêlé les pieds-, mais voilà qu’une bonne stupeur l’a emporté. De fait, j’ai été ébaudi. Dès le prélude. Par le duel au sommet entre la troupe des frères Kouyou et le Sukhishvili national de Géorgie. Deux danses à la fois dissemblables et semblables, puisqu’elles consistent à sauter en l’air, gigoter sur ses pieds et tourner sur soi-même. Deux camps qui ont commencé par se narguer, ensuite se sont mis à défier, avant de communier, composant ainsi des figures délectables, parfois insolites, constamment brillantes. On n’a pas perdu une miette de ce festin des yeux et on en est sorti littéralement ébloui. Du même enivrant tonneau a été le concert réunissant les gnaouis de l’immense Mustapha Bakbou et les danseurs américains de la flamboyante troupe Step Africa. A vous couper le souffle. Il ne fallait pas avoir le souffle court pour pouvoir humer à loisir la profusion d’essences exhalées par cette édition. On aurait voulu jouir du don d’ubiquité de sorte à ne pas être acculé à faire des choix entre les scènes Bab Marrakech et Moulay Hassan. Les deux étaient pleines à craquer au moment où se déroulaient les rencontres du Mondial. C’est dire…