Femmes patrons mais éternelles mineures

Publiés il y a quelques jours, les résultats d’une enquête menée par le Haut commissariat au plan sur la femme marocaine sont forts intéressants. L’étude, intitulée «La femme marocaine sous le regard de son environnement social», a été menée durant les mois de février et mars 2005 auprès d’un échantillon de 7 400 personnes.

L’enquête aborde les aspects liés à l’évolution du rôle de la femme à travers des thèmes portant sur la scolarisation, l’accès au travail et à la direction d’activités économiques, la maîtrise du revenu, la présence dans les espaces publics et l’apparence vestimentaire, le nouveau Code de la famille, la relation maternelle et la participation à la vie publique. Ainsi, par exemple, 68,3 % des interviewés considèrent que le nombre de femmes accédant à la direction d’entreprises doit augmenter et seulement 17,4 % pensent le contraire. Autre exemple : les femmes gèrent-elles les entreprises aussi bien, mieux ou moins bien que les hommes? Réponses : aussi bien (34,4 %), mieux (20,3 %) et moins bien (32,5%).

Cette évolution des mentalités sur la place et le rôle de la femme, en particulier sur les questions économiques, ne se retrouve pas lorsque l’enquête aborde des problématiques sociétales ou du statut personnel. Ainsi, sur la levée de l’obligation du tutorat pour le mariage de la femme, prévue dans le nouveau Code de la famille, ils sont 73,4% à être contre et seulement 23,4 % pour. Le conservatisme a encore de beaux jours devant lui.