Entreprises et crédit bancaire : il faut nuancer

L’article sur le financement des entreprises industrielles au Maroc, publié dans La Vie éco du 2 janvier 2004, sur la base de l’étude de la DPEG, mérite quelques précisions.
(…) L’auteur, qui s’interroge sur la destination des crédits à l’économie («Où sont passés les 200 milliards de DH compte non tenu des créances en souffrance ?»), avance que les créances en souffrance «sont très probablement dues par les PME-PMI». Ce qui n’est pas vrai. Selon une étude publiée en 2000 par la Banque mondiale, les créances en souffrance supérieures à un montant unitaire de 500 000 DH représentaient, en 1998, environ 90% de l’encours total des créances en souffrance. Près de 60% de l’encours de ces créances sont attribuables à 394 dossiers d’un montant unitaire supérieur à 10 millions de DH. Ceci indique donc clairement que le portefeuille des créances en souffrance des banques est attribuable aux gros clients et non aux PME-PMI. Dernière précision : on ne peut pas dire que les prêts bancaires ne sont utilisés que par 21% des entreprises (ce qui laisse entendre que les 79% autres ne font pas appel au crédit bancaire). C’est plutôt que le crédit bancaire est intervenu à concurrence de 21% dans le financement des investissements réalisés en 1999. C’est différent car toutes les entreprises industrielles ont eu recours à des crédits bancaires, dans des proportions différentes. Cette remarque est valable pour toutes les autres statistiques commentées dans l’article.