Encore un syndicat représentatif

L’USAM exige un siège à  la table du dialogue social.

Le premier ministre en avait bien besoin. Encore un syndicat représentatif. Quatre mois à peine après sa création, l’USAM exige déjà sa part du gâteau. L’Union des syndicats autonomes au Maroc, créée le 30 mai dernier, à l’initiative de transfuges de l’UGTM et de l’UNTM, a saisi le Premier ministre pour être reconnue en tant que syndicat représentatif. Cela devrait avoir pour conséquence un siège parmi les cinq autres centrales syndicales que sont l’UMT, la CDT, la FDT, l’UGTM et l’UNTM, autour de la table des négociations du dialogue social. Cette reconnaissance implique surtout une part du chèque de 50 millions de DH que le gouvernement a décidé de verser, chaque année, aux syndicats. L’USAM, formée d’une vingtaine de centrales syndicales et syndicats sectoriels présents dans de nombreux domaines d’activité, estime y avoir droit. «Nous avons largement dépassé le seuil des 6% de représentativité aussi bien dans le secteur public que privé», soutient Mohamed Marfoq, membre du bureau exécutif de l’USAM. Un préalable que l’UNTM, affidée au PJD, ne pouvait pourtant pas faire prévaloir, en 2003, lorsque le syndicat islamiste a été associé, pour la première fois, aux pourparlers du dialogue social.
Pour l’heure, la Primature n’a pas encore donné suite à la requête de l’USAM. «Nous attendons toujours la réponse. En cas de refus ou de non-réponse, nous saisirons le tribunal administratif», ajoute la même source. Le syndicat qui dispose déjà d’un siège à la Chambre des conseillers ne se fait pas d’illusions. Sa reconnaissance et son acceptation par ses pairs ne sont pas chose facile. «La bataille sera rude», commente Mohamed Marfoq. Mais le nouveau syndicat ne se laisse pas faire pour autant. Il devrait se réunir, dimanche 17 octobre, pour plancher sur un plan d’attaque.