En dépit d’un gros risque fiscal

«Cest décidé, nous irons en Bourse au mois de juin». Dans une déclaration à  La Vie éco, Noureddine Omary, président de la BCP, a été catégorique. L’incertitude qui pesait ainsi sur ce dossier est levée.

«Cest décidé, nous irons en Bourse au mois de juin». Dans une déclaration à La Vie éco, Noureddine Omary, président de la BCP, a été catégorique. L’incertitude qui pesait ainsi sur ce dossier est levée. Le problème à l’origine de cette incertitude, lui, reste entier.
En effet, si la BCP n’est pas entrée en Bourse jusque-là, c’est qu’elle ne pouvait prétendre attirer des épargnants avec une situation comptable présentant un risque fiscal d’environ 2 milliards de DH.
Ce risque découle, en fait, de deux différends qui opposent trois banques -dont la BCP- au fisc depuis maintenant plus de deux ans. Le premier concerne la fameuse retenue de 10% à la source sur les intérêts de dépôts, servis aux clients MRE, et qui n’a pas été payée par les banques, le texte de loi étant ambigüe sur le sujet.
Le second différend, lui, porte sur un redressement fiscal adressé par la direction des impôts, concernant les provisions et agios réservés. Bref, en tout, le fisc réclame donc 2 milliards de DH à la BCP et les négociations en coulisses vont bon train.
Le risque fiscal, si important fût-il, ne semble plus, aujourd’hui, affecter le président de la BCP. «D’autres banques déjà cotées en Bourse ont le même type de risque fiscal mais ce n’est pas pour autant qu’elles ont été suspendues de la cotation», argumente le président Omary. Et de poursuivre : «De toutes les manières nous nous faisons accompagner par des experts et des conseils qui nous aideront à mener à bien l’opération, tout en prenant en considération le risque.»
Enfin, il faut signaler que, contrairement à ce qui est paru dans la presse, la BCP, qui a déposé depuis quatre ans une demande d’agrément pour la création de sa propre compagnie d’assurance, n’a toujours pas reçu de réponse du département des Finances. Quatre ans, c’est un peu trop pour réfléchir, non ?