El Jadida arrache sa zone industrielle à  l’Odep

Manifestement, les temps ont changé. Il fut une époque où les administrations, ministères et établissements publics se rendaient des services mutuels. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. En atteste la querelle entre la ville d’El Jadida et l’Odep au sujet d’une parcelle de 500 ha que la ville, surfant sur la vague du programme «Emergence», voulait utiliser pour y réaliser une zone industrielle de nouvelle génération à l’instar de ce qui se fait à Casablanca – avec Casashore -, Rabat ou Tanger. L’opération qui, a priori, ne devait pas présenter de difficultés majeures, le terrain, non loin de Jorf Lasfar, appartenant à un établissement public, à savoir l’Odep (devenu aujourd’hui la Sodep), s’est finalement avérée plus laborieuse que prévu.

De nature rocheuse, le terrain, acheté par l’Odep il y a plusieurs années à raison de 4 DH le mètre carré, était resté inexploité. Les autorités locales d’El Jadida, ayant identifié la parcelle, ont alors approché l’office en lui proposant de lui racheter le bien à un prix d’environ 13 DH le mètre, soit 3 fois son prix d’achat. Croyant avoir fait une offre intéressante, les responsables de la ville furent surpris par la réponse de la direction de l’Odep qui refusait de vendre à ce prix en exigeant le prix du marché. D’autant plus que, comme l’explique une source proche du dossier, «c’est un terrain rocheux qui, de toutes les manières, ne peut servir à rien d’autre qu’à une zone industrielle». S’en sont alors suivies des tractations qui ont duré pratiquement une année.

Finalement le recours à l’Equipement, ministère de tutelle de l’Odep, n’ayant pas permis de débloquer les choses, les initiateurs du projet ont «tapé plus haut» en soumettant le dossier à l’arbitrage du Premier ministre. La manœuvre a fait mouche puisque Driss Jettou a pu «convaincre» l’Odep de vendre au prix proposé par la ville. Les temps ont changé, les établissements publics affichent également leur ambition de réaliser des plus-values.