e-administration, pour qui ?

Les procédures administratives sur le Net c’est bien, mais ce n’est pas tout ! N’oublions pas que la moitié des Marocains, ou presque, est analphabète. Donc, sur le Net ou même affichées sur les lieux publics, les nouvelles procédures n’auront qu’un impact réduit. Les citoyens qui ne savent ni lire ni écrire resteront malheureusement toujours à la merci de certains fonctionnaires. Que faire pour y remédier ? A mon avis, c’est le rôle des associations, des médias dits de masse (radio et TV) et, de manière plus globale, de la société civile. Pour que cette initiative ait réellement l’effet recherché, qui est de dépersonnaliser le service, il faut que les citoyens aient connaissance des nouvelles procédures. Et pour cela, la TV et la radio doivent jouer leur rôle éducatif. Nous n’avons malheureusement pas de véritables associations de défense des usagers et des consommateurs mais, à défaut, les associations, notamment celles de quartiers, doivent diffuser ce genre d’informations utiles aux citoyens. Les maisons de jeunes, les centres d’apprentissage pour femmes peuvent et doivent être également des relais d’informations car ils reçoivent quotidiennement des milliers d’adhérents qui sont le cœur de cible. Quant aux administrations concernées, comme par exemple les arrondissements, les moqataâtes et autres, elles doivent compléter le dispositif en prévoyant des bureaux d’accueil et d’informations. Certaines ont déjà commencé en installant des bureaux d’informations (irchadate). Sauf que les employés affectés à ces bureaux se transforment presque toujours en super chaouch général servant plus à filtrer les visiteurs et à organiser les files d’attente (parfois de manière très musclée comme à l’ancienne). J’ai l’impression qu’on est en train de mettre la charrue avant les bœufs !