Disparition de Abderrazaq El Mossadeq

L’Å“il vif, la réplique au bout de la langue, Abderrazaq El Mossadeq, que la route a arraché cruellement à  ses proches et à  son pays, était avant tout un style d’homme.

L’œil vif, la réplique au bout de la langue, Abderrazaq El Mossadeq, que la route a arraché cruellement à ses proches et à son pays, était avant tout un style d’homme. Travailleur acharné au service de son pays, mais travailleur d’un genre particulier, car, là où il a été appelé à prendre des responsabilités, souvent pour résoudre des problèmes, il a toujours adopté la même démarche : écouter ses interlocuteurs, assimiler rapidement les énoncés de leurs doléances, et proposer sur le champ des solutions, n’hésitant jamais à impliquer les opérateurs les plus critiques à l’égard de l’administration dans les réformes qu’il envisageait.
Pour lui, il n’y avait pas, d’un côté, l’administration tatillonne et bureaucratique, et, de l’autre, des opérateurs privés victimes de l’environnement. Cette idée reçue le révoltait et, pour lui tordre le coup, il savait toujours trouver le trait d’union pour avancer, en mettant le doigt sur les défauts des uns et des autres, avant de proposer des idées nouvelles.
On l’a vu agir ainsi au ministère du Commerce et de l’Industrie quand il en était le secrétaire général et qu’il avait mis en place une équipe jeune et dynamique, qui a vu passer tant de ministres sans se défaire de la culture d’efficacité qu’il avait réussi à lui inculquer.
On l’a vu se comporter de la même manière quand, en un temps record, il réussit à faire de cette administration à la réputation «douteuse» qu’était la Douane, un modèle de rapidité et de transparence, salué par les opérateurs nationaux et les institutions internationales. De même, il parvint à donner à ce processus de mise à niveau tant galvaudé un contenu concret, avec un plan de travail, des échéances et un suivi.
Tous les journalistes qui ont eu l’occasion de travailler avec lui le savent : le bureau de Abderrazaq El Mossadeq leur était toujours ouvert. Qu’il repose en paix