Des héros fatigués ?

Décidément, nous en avons vu de toutes les couleurs dans notre pays. Après les années de plomb, nous entamons le futur du passé. Surréalisme, dira-t-on ?

Décidément, nous en avons vu de toutes les couleurs dans notre pays. Après les années de plomb, nous entamons le futur du passé. Surréalisme, dira-t-on ?
La gauche marocaine a lutté de toutes ses forces et toutes tendances confondues contre les options politiques du pouvoir de 1961 à 1996. En 1997, la gauche forme l’ossature du gouvernement et procède à des alliances douteuses pour consolider sa majorité. Les luttes intestines s’amorcent pour le pouvoir. Les espoirs de décollage s’amenuisent et on parle des forces réactionnaires du parti secret, du Maroc à deux vitesses. Puis, les septembres noirs sont là, 2002 et 2003. Les événements se déroulent très vite. Des alliances contre-nature se font et, au moment où on criait à l’enterrement de la droite, à la veille de l’alternance, la voilà qui renaît par un coup de baguette magique et divin. Elle rafle les conseils, les arrondissements et les mairies. Elle annonce qu’elle est le leader de la politique de proximité en attendant les prochaines législatives pour s’installer dans une position majoritaire. Autant dire que c’est le retour aux années de décadence. A qui incombe la responsabilité ? Les plus simplistes diront que nous sommes tous responsables. Le principal responsable est celui qui a accepté de jouer le jeu mais qui n’a pas su bien négocier. Nous avons vu les petits partis de gauche proposer des alliances et des fusions à l’USFP. Ils ont même formé un petit noyau dur appelé l’alliance socialiste pour convaincre big brother. Ce dernier est resté intraitable en préférant traiter avec la majorité gouvernementale. La réponse de cette dernière ne s’est pas faite attendre, notamment lors des dernières élections communales et tout le processus qui a suivi (mairies, conseils des communes, arrondissements…)
L’USFP doit s’asseoir avec ses vrais amis de l’alliance socialiste (PPS, PSD, GSU…), renouer avec ses propres dissidents du Congrès Ittihadi sans oublier les forces dispersées comme ADL, Forces citoyennes…C’est un devoir national.