Des gouvernants qui ne rendent pas de comptes

Après s’être pendant longtemps intéressée aux problèmes d’ordre socio-économique, la Banque mondiale (BM) s’aventure sur une nouvelle piste, en approchant les questions d’ordre politique.

Après s’être pendant longtemps intéressée aux problèmes d’ordre socio-économique, la Banque mondiale (BM) s’aventure sur une nouvelle piste, en approchant les questions d’ordre politique. Preuve en est, son dernier rapport sur la gouvernance au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA). Dans cette étude, les experts de Washington n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère envers les gouvernants de la région. Certes, la finalité du rapport est de démontrer que bien gouverner permet, en fin de compte, aux pays de la région de réaliser de meilleurs taux de croissance.
Mais le raisonnement qui mène à cette conclusion à caractère économique est, lui, intrinsèquement politique. La Banque mondiale considère qu’il n’y a pas de développement sans la liberté des populations de choisir ceux qui les gouvernent et l’opportunité de participer au processus par lequel elles sont gouvernées. Les auteurs du rapport insistent également sur l’obligation des gouvernants de rendre compte. A en croire l’institution, tout cela devrait permettre de gagner au moins 1% en termes de croissance économique. Mais convaincre ceux qui gouvernent les pays de la région ne sera pas tâche facile. En effet si, pour l’implication des citoyens, les choses semblent être sur un bon trend, pour ce qui est de rendre des comptes, les gouvernants de la zone MENA sont les derniers de la classe. On s’en doutait un peu !