Des députés refusent l’augmentation

L’annonce d’une augmentation de 6 000 dirhams des indemnités des parlementaires des deux Chambres a provoqué une levée de boucliers.

L’annonce d’une augmentation de 6 000 dirhams des indemnités des parlementaires des deux Chambres a provoqué une levée de boucliers. Si le commun des mortels s’est indigné devant cette augmentation aussi honteuse qu’injustifiée, les politiques et les ministres ont aussi exprimé à leur manière leur point de vue. De la part des premiers, certains ont eu une réaction d’une haute portée symbolique. De la part des seconds, l’un a réagi de manière imprévisible et dénotant d’un manque de courage politique. Commençons par le ministre en question. Quelques jours après que cette information ait été ébruitée par la presse, et dès que la colère de l’opinion publique, relayée par les médias, a commencé à enfler de façon menaçante, le ministre des Finances, Fathallah Oualalou, s’est empressé de se désolidariser publiquement de son Premier ministre en se défaussant sur lui de la responsabilité d’une telle mesure. On a déjà vu mieux. Quant à la réaction des politiques, elle est venue comme on pouvait s’y attendre du PJD (Parti de la justice et du développement) et de la GSU (Gauche socialiste unifiée). Par la voix de son président, Mohamed Bensaid Aït Idder, la GSU s’est dite atterrée par une telle décision. On s’attendait à la réduction des hauts salaires, voilà qu’on les augmente encore. Pour le PJD, Mostafa Ramid avait envoyé une lettre au président de la Chambre des Représentants, en date du 26 juin 2003, lorsqu’il a été question de ces augmentations. Sa proposition ne manque pas d’intérêt : il suggère en effet de lier les indemnités mensuelles (30 000 DH) à l’assiduité du député. Chaque absence non justifiée lui vaudrait une retenue sur ses indemnités jusqu’à un maximum mensuel de 20 000 DH. Ce serait peut-être une solution à l’absentéisme.