Des communes bloquées par vengeance

Les élus font volte-face et quittent les majorités.

Absurde. C’est le moins que l’on puisse dire à propos de la situation dans les conseils communaux de Tétouan et Tanger. Quelques mois seulement après l’élection et la composition des bureaux de ceux-ci, les divergences surgissent entre les membres de l’équipe dirigeante à tel point que les dossiers économiques et sociaux relatifs à la gestion de ces villes sont sérieusement compromis. Aujourd’hui, les bureaux peinent à tenir leurs réunions, y compris la session consacrée à l’adoption du budget, à cause des désaccords entre les maires et certains membres de leurs majorités. A Tétouan, le président de la commune, le Pjdiste Mohamed Idammar, fait face à une fronde menée par ses alliés de l’USFP qui, pourtant, l’avaient soutenu contre le Rniste Rachid Talbi Alami, pour accéder à la tête de la mairie. Les socialistes ont fait volte-face lorsque le maire a refusé de leur octroyer la délégation de signature relative à certaines de ses prérogatives. Ils tablaient précisément sur la gestion des dossiers de l’urbanisme! En réaction, ils ont annoncé leur retrait pur et simple de la majorité. Du coup, le conseil communal se trouve dans une situation pour le moins compliquée : le président est en forte minorité. On s’interroge alors comment seront traitées les affaires de la ville au moment où le risque de blocage de la part de la majorité des membres du conseil est permanent.
La ville de Tanger vit, elle aussi, le même scénario. Le président du conseil, Samir Abdelmoula, affilié au PAM, est confronté à la «dissidence» de certains membres de sa majorité de diverses tendances politiques. Pour les mêmes motifs : refus de délégation de signature. Le jeune président ne parvient même pas à tenir la session d’octobre faute de quorum. C’est toute une ville qui est donc prise en otage.