Des bouches d’égouts mortelles

Plus de 100 couvercles de regards volés en l’espace d’une année à  Casablanca ! C’est le chiffre officiel donné par la Lydec, le gestionnaire de l’eau et de l’électricité dans la métropole.

Plus de 100 couvercles de regards volés en l’espace d’une année à Casablanca ! C’est le chiffre officiel donné par la Lydec, le gestionnaire de l’eau et de l’électricité dans la métropole.

Ces couvercles généralement en fonte (appelés aussi tampons dans le jargon du métier), tout comme les fils et câbles électriques, constituent une précieuse matière première que les voleurs revendent à des recycleurs de métaux et même à certaines fonderies ayant pignon sur rue.

Le phénomène n’est pas propre à Casablanca. A Rabat, par exemple, l’autre concessionnaire du service public, Redal, souffre également des vols de tampons de regards. L’entreprise reçoit en permanence des plaintes de citoyens victimes de chutes dans des bouches de 2 mètres de profondeur.

Lesquelles chutes peuvent parfois provoquer des dégâts corporels graves. C’est le cas de cette dame qui, en descendant de voiture un soir, dans le quartier de Hay Riad, a mis les pieds dans un regard sans couvercle que l’obscurité l’avait empêchée de voir. Résultat : 7 côtes cassées qui ont endommagé ses poumons, une fracture du genou, une autre au bras et deux semaines en clinique. Certes, la dame s’estime aujourd’hui heureuse d’être encore en vie…, mais tout de même.

Quels sont les recours pour elle, et auprès de qui ? La Ville? L’Etat ? Le concessionnaire ? Personne n’en sait rien. Plusieurs semaines après l’accident, et malgré les allers-retours à la Redal, elle s’est résignée puisque le concessionnaire dégage sa responsabilité en se déclarant lui-même impuissant face au fléau des vols.

Pourtant, dans un Etat de droit et avec les impôts, taxes et redevances que le citoyen paie, il doit bien y avoir un recours pour se protéger contre ces pièges mortels.