des americains piratent une invention marocaine

Qui a volé, a volé l’orange…?

Onse rappelle qu’à l’occasion des négociations de l’accord de libre-échange avec les USA, les opérateurs et parlementaires américains ont souvent mis l’accent sur le piratage et la protection de la propriété intellectuelle. Mais le piratage fonctionne également dans l’autre sens. C’est la mésaventure qui est arrivée à un chercheur de l’Institut national de recherche agronomique (INRA) qui a mis au point une nouvelle variété de clémentine et qui se l’est fait subtiliser à des fins commerciales.
L’affaire commence au milieu des années 90, quand le chercheur marocain en question répond à une proposition de coopération scientifique de l’Université Riverside de Californie. Il envoie alors aux Américains quelques greffons d’une variété de clémentine qu’il a mise au point. Cette nouvelle espèce, qu’il a baptisée «Nadorcott», avait la spécificité d’être à la fois résistante et délicieuse, d’où un potentiel commercial certain. La Nadorcott avait même fait ses preuves au Maroc où elle a été valorisée par quelques grands exploitants de la place.
Le chercheur a bien pensé à protéger ses droits en enregistrant des brevets en France, en Espagne et même aux Etats-Unis. Mais, entre-temps, les chercheurs de l’Université de Californie Riverside ne se sont pas gênés pour diffuser la variété dans les quatre coins du monde et sans l’autorisation de son propriétaire. Face aux protestations de ce dernier, l’université avance que l’envoi des greffons, le premier jour, n’a pas fait l’objet d’un «accord de non-propagation». Résultat : aujourd’hui, la variété «Nadorcott», pourtant marocaine, est diffusée à grande échelle et très prisée aux USA, en Amérique latine et même en Australie. Voyant que les Américains continuaient à faire fi de ces protestations – dont l’une officiellement déposée auprès de l’ambassade américaine à Rabat -, l’INRA envisage aujourd’hui de poursuivre l’université de Californie Riverside devant une Cour fédérale aux USA

Des mandarines au goût amer pour l’INRA et son chercheur.