Ce Maroc «arriéré»

Il est dommage de voir que la presse écrite, y compris La Vie éco, n’accorde pas suffisamment d’importance aux vrais acteurs du développement, ceux qui travaillent sur le terrain, qui mènent des actions concrètes, qui ont un impact immédiat sur la qualité de vie des populations. Ces soldats de l’ombre sont souvent de petites associations, des groupes de bénévoles, qui font cela par amour pour leur pays, sans contrepartie et sans aucune ambition d’apparaître au grand jour. C’est pour cette raison qu’ils n’accordent aucune importance à ce que l’on parle d’eux.
Ce sont ces gens-là qu’il faut encourager en faisant connaître leur travail. Alors qu’aujourd’hui, les plus connus, les plus médiatisés sont surtout ceux qui font le plus de «bruit», le plus de tapage, mais pas forcément ceux qui travaillent le mieux. La mission des journalistes est justement de faire découvrir aux lecteurs et à l’opinion publique ces soldats de l’ombre et de dévoiler comment fonctionne ce Maroc profond. Je suis sûr qu’on découvrira des choses intéressantes, à commencer par le fait que, contrairement à ce que l’on croit, ce Maroc-là n’est pas aussi «inutile» qu’on le dit. C’est tout le contraire. Vous trouverez, dans de minuscules localités perdues, des femmes et des hommes ingénieux qui se prennent en charge et qui, à cause de leurs moyens limités, imaginent des solutions novatrices à leurs problèmes de tous les jours. Vous trouverez également l’esprit de d’équipe et de solidarité.
Bref, beaucoup de choses que nous avons perdues dans les grandes villes et qui sont les fondements même du développement. Et quand on parle d’un Maroc à deux vitesses, d’un Maroc profond et d’un Maroc moderne, on se demande lequel des deux est vraiment en retard…