Casablanca, terre d’hippopotames

Des hippopotames aux Carrières Thomas ? Certainement, mais il y a fort longtemps. En fait c’est bel et bien un lac qui existait dans cette zone, il y a un million d’années. Les fouilles actuellement arrêtées pour cause de pluie reprendront au mois de mai prochain dans la Grotte des rhinocéros de la carrière Oulad Hmida et la carrière Thomas I.

Ouvertes au début du siècle pour construire le port de Casablanca, les carrières auront permis la découverte de plusieurs sites parmi les plus anciens du Maroc. A l’intérieur, des restes humains, mais aussi des outils et une profusion d’ossements d’animaux. Homo Erectus ? Homo Sapiens ? Les scientifiques ont toujours du mal à déterminer l’identité des premiers hommes installés sur place. Leurs restes sont répartis sur plusieurs sites d’âges variables. Le plus ancien, le niveau «L» de Thomas I, datant de plus d’un million d’années, a l’avantage d’être resté relativement intact, ce qui facilite la datation.

Profitant de l’exploitation des carrières, les archéologues peuvent atteindre des couches profondes, mais cet avantage est à double tranchant puisqu’il peut également entraîner la destruction des sites, explique Abderrahim Mouhib, conservateur et membre de la mission. Ils souffrent également de la proximité des bidonvilles et des chantiers environnants, notamment avec le déversement des eaux d’égouts et des ordures sur les sites, quand ce ne sont pas tout simplement les personnes qui décident de squatter les carrières.

Les Carrières Thomas ne sont pas les seuls sites de la région, puisque d’autres sites ont été repérés, dont au moins un datant de 2,5 millions d’années.