Casablanca : la partie visible de l’iceberg

Abdelaziz Laâfoura et Abdelmoughit Slimani ont été rattrapés par le passé. L’arrestation, il y a quelques jours, de l’ex-gouverneur de la préfecture de Aïn Sebâa Hay Mohammadi et de l’ancien président de la Communauté urbaine de Casablanca, est révélatrice d’un changement : on ose enfin s’attaquer à des personnes que l’on croyait intouchables, même si les mis en cause ne sont que l’arbre qui cache la forêt de la mauvaise gestion communale.
Maintenant, une réflexion sérieuse doit être amorcée, il s’agit de répondre à deux questions importantes : comment en est-on arrivé là ? Que faut-il faire pour ne plus revivre les mêmes dérives ? Pour le comment, la manière avec laquelle ont été gérés les deniers publics à une certaine époque – et c’est encore souvent le cas aujourd’hui – n’a plus de secret pour personne. Et les juges d’instruction démêleront au fil de leur enquête l’écheveau d’un système de contrôle défaillant. Cela apportera, en partie, des réponses à la seconde question sur ce qu’il faut faire à l’avenir. En quelque sorte, quand on saura comment ils font pour détourner l’argent public, on pourra mettre en place les mécanismes de contrôle adéquats. Mais ce n’est pas tout car, paradoxalement, le Maroc est doté depuis longtemps d’une multitude d’organes de contrôle mais ils restent impuissants. Là encore, il faudra savoir pourquoi les garde-fous n’ont pas fonctionné.