Bouazza Ikken «démissionné» de l’UD

le bureau politique le démet de ses fonctions

Bouazza Ikken n’est plus président de l’Union Démocratique (UD) depuis le lundi 5 juillet. Ses camarades du bureau politique en ont décidé ainsi. Dans une déclaration à La Vie éco, ces derniers affirment avoir été excédés par «les décisions unilatérales et individuelles et la mauvaise gestion» de leur président, en violation flagrante des statuts du parti qui instauraient le principe de la direction collégiale. Les quinze membres présents du bureau politique ont donc décidé « à l’unanimité de démettre Bouazza Ikken de la présidence du parti et de geler son appartenance au bureau politique», affirme Abdelkader Tatou, vice-président du parti.
On est bien loin de la déclaration finale du congrès constitutif de l’UD, tenu à Rabat en novembre 2001. On pouvait y lire : «Nous sommes convaincus que, pour réussir, nous devons faire nôtres la démocratie interne et une gestion collective et rationnelle du parti». Finalement, il n’aura pas fallu plus de trois ans au député de Khémisset pour reproduire ce qu’il reprochait à Mahjoubi Aherdan. Bouazza Ikken avait justement, au début des années quatre-vingt-dix, fait dissidence du MNP en créant sa propre formation politique. Il était, lui aussi, excédé par la mainmise de son compagnon sur les grandes décisions concernant le MNP.
Rappelons que l’UD, énième avatar du Mouvement populaire originel actuellement dirigé par Mohand Laenser, compte 52 parlementaires, dont 28 à la Chambre des représentants et 24 à la Chambre des conseillers. Au niveau régional, 210 présidents de conseils communaux portent ses couleurs.
L’instance exécutive de l’UD a décidé de réunir le comité central du parti pour consultation, avant de procéder à l’élection du successeur de M. Ikken. Ce dernier aura été l’un des rares chefs de parti à être ainsi démis de ses fonctions

Bouazza Ikken, ex-président de l’UD.