Blé, les professionnels craignent la pénurie

Courrier sur courrier, les professionnels de la minoterie ne cessent d’alerter les pouvoirs publics sur l’imminence d’un tarissement des stocks de blé. Ils ont envoyé, mercredi 4 juillet, une énième lettre aux pouvoirs publics en ce sens. Avec la maigre récolte de cette année et le maintien, jusqu’à il y a quelques jours, d’un niveau de droits de douane jugé encore élevé, alors même que les cours mondiaux ne font que grimper, les besoins des écrasements, y compris pour ce mois de juillet, deviennent problématiques. Signe des difficultés croissantes de cette activité, l’Office des céréales et légumineuses (ONICL), pour suppléer au manque de blé subventionné, vient d’inviter les moulins à puiser dans leur «faible et parfois inexistant» stock de blé libre, à titre de prêt, confie un minotier.

Ce qui inquiète les professionnels, ce n’est pas seulement l’indisponibilité du blé subventionné, mais aussi toutes les autres catégories de blé. A 300 dollars la tonne de blé tendre et 395 dollars la tonne de blé dur, les gains escomptés de la dernière baisse des droits de douane (ramenés à 30 %) sont de fait annulés, estime la profession. Ce qui fait dire à celle-ci qu’à ce rythme-là, et pour espérer maintenir les prix des farines à leur niveau actuel, l’administration va probablement être amenée à subventionner l’importation du blé. Autrement dit, le niveau des prix sur le marché mondial est tel que, même si l’on supprimait la protection tarifaire actuelle, les opérateurs auront du mal à supporter les surcoûts de ce renchérissement qui n’en finit pas. A moins de partager la charge avec le consommateur ; ce qui est une autre histoire…