Bataille navale autour de Tanger-Gênes

on refuse à  la comarit d’exploiter la ligne

Une petite bataille oppose depuis quelques semaines un transporteur maritime à  l’Etat au sujet de la ligne Tanger-Gênes. Tout a commencé en décembre 2004 quand la Comarit a soumis au ministère du Transport un dossier pour l’exploitation d’une ligne nouvelle reliant Tanger au petit port de Savonne, à  quelques kilomètres de Gênes (Italie). La demande n’était pas une surprise car, en 2003 déjà , au moment o๠le ministère avait accordé à  la Comarit le droit d’exploiter la ligne Tanger-Sète, il lui avait en même temps promis de lui permettre d’opérer sur une ligne entre le Maroc et l’Italie, sans spécifier laquelle.
L’attitude du ministère a été surprenante. Il a refusé d’accorder la ligne demandée en proposant à  la Comarit d’en exploiter une autre, en l’occurrence Nador-Naples. Or la destination de Naples est tout sauf une bonne affaire. D’ailleurs, la Comanav l’a appris à  ses dépens quand, en 2004, elle a essuyé des pertes sur la ligne Tanger-Naples. Les dirigeants de la Comarit ne veulent pas en démordre et demandent des explications, surtout que la ligne Tanger-Gênes, par ailleurs très rentable, se trouve être déjà  exploitée par la Comanav. Selon une source proche du dossier, la liaison demandée par la Comarit risque de concurrencer sérieusement la Comanav alors que cette dernière a investi des montants très lourds dans la mise en place de cette liaison et il faut lui laisser un peu de temps pour la rentabiliser. Pour un haut fonctionnaire au ministère du Transport, «il ne s’agit aucunement de protéger la Comanav ou de lui accorder un monopole». D’ailleurs, pour couper la poire en deux, le département du Transport a quasiment promis à  la Comarit de lui ouvrir la ligne à  partir de l’année prochaine. Cela donnera une année de répit à  la Comanav

Même si on accorde la ligne à  la Comarit dans un an, la Comanav aura quand même bénéficié d’un bon répit…